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Gestion des identités : quand la multiplication des outils devient problématique pour le SI

28 avril 2026 par
Gestion des identités : quand la multiplication des outils devient problématique pour le SI
Pauline Missio

Trop d’identités, trop d’accès : un problème devenu quotidien

Au fil des années, les systèmes d’information se sont considérablement enrichis. Applications SaaS, outils métiers spécialisés, plateformes cloud, environnements internes : les solutions se sont multipliées, souvent plus vite que les architectures de gestion des identités.


Dans de nombreuses organisations, un même utilisateur doit aujourd’hui jongler entre plusieurs comptes, plusieurs modes d’authentification et des règles d’accès qui varient d’un outil à l’autre. Cette situation s’est progressivement installée avec la croissance des services numériques, sans toujours être anticipée dans sa globalité.


Pour les directions des systèmes d’information, cette fragmentation des identités devient un sujet préoccupant. Elle complique la gestion quotidienne des accès, tout en rendant plus difficile la maîtrise globale du système d’information.


Les conséquences concrètes pour les équipes IT et métiers

Au-delà de la complexité technique, la multiplication des identités a des impacts directs sur le fonctionnement des organisations.


Côté IT, la gestion des accès est souvent manuelle ou dispersée entre de nombreux outils. Les demandes d’ouverture ou de suppression de droits s’accumulent, avec des risques d’erreurs, d’oublis ou de délais de traitement trop longs. Dans certains cas, la cohérence des habilitations repose encore sur des processus partiellement formalisés.


Côté métiers, les effets se traduisent par une perte de fluidité au quotidien. La gestion des mots de passe constitue une contrainte récurrente, les déconnexions multiples ralentissent les usages, et certaines équipes finissent par contourner les systèmes officiels pour gagner en efficacité. Cela peut conduire à des pratiques parallèles, moins sécurisées et plus difficiles à contrôler, comme le partage de comptes entre collègues, la conservation des mots de passe dans des fichiers non sécurisés, ou encore l’utilisation d’outils personnels non validés pour éviter des procédures d’accès jugées trop contraignantes.


Avec le temps, cette situation pèse à la fois sur la productivité et sur le niveau de sécurité global du système d’information.


Pourquoi centraliser les identités devient indispensable

Face à cette complexité croissante, de nombreuses organisations cherchent aujourd’hui à reprendre le contrôle en structurant leur gestion des identités autour d’un modèle unifié.


Cette approche repose sur divers principes complémentaires. La centralisation des identités permet d’abord de réduire le nombre de comptes à gérer pour les utilisateurs comme pour les équipes IT. Elle s’appuie également sur des mécanismes de Single Sign-On (SSO), qui simplifient l’accès aux applications en limitant les authentifications répétées.


Plus largement, on observe une montée en puissance des approches de fédération d’identités, qui consistent à établir des relations de confiance entre plusieurs systèmes d’authentification. L’objectif n’est plus de tout concentrer dans un seul annuaire, mais de permettre une interconnexion maîtrisée entre différentes sources d’identité.


Dans cette logique, la gestion des identités s’impose comme une brique à part entière de l’architecture du système d’information, au même titre que les applications métiers ou les flux de données.


Quelles approches possibles pour structurer son IAM

Les organisations disposent aujourd’hui de plusieurs options pour structurer leur IAM (Identity and Access Management), en fonction de leur contexte et de leur maturité.


Les solutions IAM proposées par les grands éditeurs du marché, comme Azure Active Directory ou d’autres plateformes cloud, permettent de structurer rapidement la gestion des identités et des accès dans des environnements fortement intégrés. Elles offrent généralement un socle complet incluant gestion des utilisateurs, authentification, Single Sign-On et capacités de fédération avec d’autres systèmes. Toutefois, dans des architectures plus complexes ou hétérogènes, ces approches peuvent montrer certaines limites lorsqu’il s’agit de gérer de multiples sources d’identité de manière pleinement unifiée.


D’autres approches reposent sur des solutions spécialisées, capables de répondre à des besoins plus avancés en matière de fédération, de personnalisation des flux d’authentification ou de gestion multi-environnements. C’est notamment le cas de certaines plateformes open source, qui offrent davantage de flexibilité dans les architectures complexes ou hybrides.


Le choix entre ces approches dépend fortement du niveau d’intégration attendu, du degré de contrôle souhaité sur les identités et de la complexité du système d’information existant.


Keycloak : une option open source pour reprendre le contrôle

Dans ce paysage, certaines solutions open source comme Keycloak se sont imposées comme des briques de référence pour la gestion et la fédération des identités.


Keycloak permet de centraliser la gestion des accès tout en s’intégrant à des environnements hétérogènes. Il supporte les principaux standards d’authentification et de fédération d’identités, ce qui facilite son intégration dans des systèmes d’information complexes, composés de multiples applications internes et externes.


Au-delà de la gestion des accès, ce type de solution permet également de structurer une approche plus cohérente de l’identité numérique au sein de l’entreprise, en offrant un point de contrôle central sur les politiques d’authentification et d’autorisation.


Keycloak peut soit agir comme un fournisseur d’identité capable d’authentifier directement les utilisateurs, soit comme une couche de fédération permettant de déléguer l’authentification à d’autres systèmes d’identité.


Conclusion : l’IAM devient une brique stratégique du système d’information

La gestion des identités ne peut plus être abordée comme un sujet technique isolé. Elle s’inscrit désormais au cœur des enjeux de sécurité, d’expérience utilisateur et de gouvernance du système d’information.


Dans un contexte où les applications se multiplient et où les environnements deviennent de plus en plus hybrides, la capacité à structurer une gestion des identités cohérente devient un facteur clé de maîtrise du SI.


Cette évolution implique souvent de repenser les architectures existantes et de s’appuyer sur des solutions spécialisées capables de s’intégrer dans des écosystèmes complexes. L’IAM s’impose ainsi comme un levier structurant dans la conception et l’évolution des systèmes d’information modernes.





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